Lausanne danse plus qu'on ne le croit de l'extérieur. Il y a un social hebdomadaire qui tourne une grande partie de l'année, une tradition du dimanche après-midi, un été rempli de jazz en plein air, et une scène qui s'étire le long du lac jusqu'à Vevey et au-delà. On y danse surtout du Lindy Hop, avec une vraie habitude du Balboa et un peu de solo jazz. Le plus dur n'est pas de danser, c'est de savoir ce qui se passe et quand, parce que les informations d'une scène de cette taille sont dispersées un peu partout. Voici les rendez-vous réguliers et les saisonniers. Pour ce soir ou ce week-end, l'agenda swing de Lausanne est tenu à jour.
Le jeudi, c'est le point fixe
La date à retenir, c'est le jeudi. Swingtime Lausanne est au cœur d'une bonne partie de la scène locale, et organise un social hebdomadaire le jeudi. Il tourne une grande partie de l'année et change d'adresse selon la saison. À la mauvaise saison, c'est le Cozy Thursday, à l'intérieur, dans le studio de l'association à la rue de Genève. Dès qu'il fait bon, ça sort dehors et ça devient SwingOut'side, le plus souvent sur l'Esplanade du Flon, en plein centre.
Photo : Andrii Olishevskyi sur Unsplash.
La version extérieure, c'est probablement celle qui attire le plus facilement les curieux. Une place au centre de Lausanne, la musique sur une enceinte, la piste qui se remplit quand la soirée se rafraîchit, et des passants qui s'arrêtent pour regarder, parfois pour essayer. Beaucoup de ces soirées démarrent par une initiation gratuite. Arriver sans avoir jamais dansé n'est donc pas juste toléré, c'est prévu. Certains soirs, il y a un groupe live à la place de la playlist, et ça change toute l'ambiance de la piste.
Un détail pratique qui compte : la version extérieure dépend de la météo et saute s'il pleut. L'association annonce la décision sur ses réseaux dans la journée, donc un coup d'œil avant de partir évite le déplacement pour rien. Et la version d'été voyage. Sur la saison, le même social se retrouve aussi à Vevey et à La Tour-de-Peilz, et ces éditions-là tombent souvent le vendredi plutôt que le jeudi. Mieux vaut donc vérifier le jour autant que l'adresse.
Le dimanche après-midi : le Teatime
Le deuxième rendez-vous a une tout autre couleur. Le Teatime est un social du dimanche après-midi, du jazz sur la piste pendant qu'il fait encore jour, et il tourne en automne et en hiver à un rythme plutôt mensuel qu'hebdomadaire. Danser l'après-midi a l'air d'un petit changement, et n'en est pas un. Personne n'est fatigué, personne ne court après un dernier train, et la salle reste bavarde comme une piste de minuit l'est rarement.
Le Teatime a aussi son volet Balboa, animé par Amy et Alex. Le Balboa, c'est la danse swing serrée et compacte, celle qui marche sur une piste bondée et sur les tempos rapides. Lausanne a d'ailleurs une vraie habitude du Balboa. Si on n'a jamais fait que du Lindy Hop, un Teatime est une façon douce de voir de quoi il s'agit, puisque les deux cohabitent le même après-midi.
L'association monte aussi des soirées ponctuelles, des événements photo et des week-ends de stage dans l'année. Ceux-là ne suivent pas de calendrier fixe, et c'est exactement pour ça qu'on les rate facilement.
Winter Swingtime, le festival
Il y en a un qui mérite sa place dans l'agenda. Winter Swingtime est le festival annuel de Swingtime Lausanne, et il prend tout le premier week-end de décembre, du vendredi soir au dimanche soir. C'est l'un des gros rendez-vous de l'année pour la scène lausannoise.
Ce qui le rend intéressant, c'est l'intention derrière. Le festival se donne pour but de célébrer les danses jazz afro-américaines de l'ère swing et de regarder d'où elles viennent, plutôt que de les traiter comme des pas détachés de leur histoire. L'association décrit l'ambiance qu'elle vise comme chaleureuse et accueillante, ce qui correspond bien à la salle d'où il sort. C'est un festival profondément ancré dans la communauté locale.
C'est aussi l'un des moments de l'année où Lausanne attire des danseurs venus spécifiquement pour le week-end. Si on ne devait faire qu'un déplacement pour danser ici, c'est un bon candidat.
Le jazz live, et un festival dans le parc
Une soirée swing, ce n'est pas forcément une playlist. Lausanne a une belle culture big band, et plusieurs de ces formations jouent un répertoire vraiment dansant. Sur une saison, on croise le Big Band de Renens, le Big Band de Dorigny, ou des groupes comme Cosa Nostra Jazz Band et Paradise Creek Jazz Band, sur une scène ou dans un parc, avec les standards de l'ère swing sous les pieds.
Photo : Portuguese Gravity sur Unsplash.
Le grand rendez-vous estival de ce côté-là, c'est Jazz in the Park, qui se tient en plein air à la fin de l'été sur plusieurs dates, à la Cantine de Sauvabelin au-dessus de la ville et du côté de Prilly. L'entrée est libre, avec un chapeau au profit des musiciens. Ça tient des après-midi et des soirées entières, et ça mélange les sets de big band avec des jam sessions New Orleans et swing. Pour les danseurs, l'essentiel est ailleurs : il y a en général des initiations gratuites au Lindy Hop et au solo jazz, donc le public sur l'herbe ne fait pas qu'écouter. Si on ne devait tester qu'une chose à Lausanne sans aucune préparation, ce serait un bon candidat.
La scène suit le lac
Lausanne ne danse pas toute seule, et cette habitude régionale est une des plus belles choses du swing d'ici. La même association enseigne à Vevey comme à Lausanne, et ses socials d'été se déplacent sur la Riviera au fil de la saison, dans une cour à Vevey ou un jardin à La Tour-de-Peilz. D'autres communes des environs reviennent au fil des saisons, au gré des lieux et des cours.
Le train rend tout ça plus proche que la carte ne le laisse croire, et le public voyage avec. Traiter le bord du lac comme une seule scène plutôt qu'une série de villes séparées élargit considérablement les options, surtout l'été. Genève est à l'autre bout de la même ligne et partage festivals et profs de passage, donc un danseur motivé à Lausanne n'est jamais vraiment limité à Lausanne.
Commencer de zéro
Pour qui n'a jamais dansé, le calendrier joue en sa faveur. Swingtime Lausanne existe depuis 2015 comme association à but non lucratif, enseigne tous les niveaux à Lausanne et à Vevey, et ouvre de nouvelles sessions de cours deux fois par an, en février et en septembre. Cette rentrée de septembre est la porte d'entrée naturelle, et l'association propose en général des cours d'essai la semaine où le trimestre démarre. C'est exactement ce que ça dit : un vrai cours, sans engagement au-delà de la soirée.
L'été est l'autre porte facile, parce que les initiations gratuites liées aux socials en extérieur tournent toute la saison. On prend une petite leçon, puis le social démarre autour de soi, et on reste ou pas. Il y a aussi une deuxième école en ville, l'école de danse Valentin Meier, qui enseigne les danses de salon et le Lindy Hop à Lausanne depuis 2010, avec des cours débutants, des initiations et des cours privés pour qui veut avancer plus vite.
Rien de tout ça ne demande un partenaire, des chaussures spéciales ou un plan. Arriver seul sans connaître personne est la chose la plus banale du monde dans un social swing, et c'est à peu près comme ça que tout le monde dans la salle a commencé.
À quoi ressemble l'année
Le swing lausannois a une forme, et la connaître évite pas mal de confusion. De la fin du printemps au début septembre, la scène est à son maximum de visibilité : le social du jeudi est dehors, les initiations gratuites tournent à côté, les festivals tombent, et il y a souvent quelque chose dans la semaine. C'est le moment le plus facile pour entrer sans prévenir, et beaucoup de nouveaux danseurs découvrent la scène à cette période.
Dès septembre, le rythme change plutôt qu'il ne s'arrête. La saison extérieure se referme, le social du jeudi rentre à l'intérieur, et la densité hebdomadaire de l'été laisse la place à un rythme plus mensuel, construit autour des Teatimes et de soirées ponctuelles. C'est plus calme, pas vide, et c'est le moment où les cours redémarrent. L'automne est donc particulièrement adapté à quelqu'un qui veut commencer des cours réguliers.
Puis décembre fait remonter la courbe. Winter Swingtime prend le premier week-end du mois et attire aussi des danseurs venus de l'extérieur.
La conséquence pratique est simple. L'été, on peut souvent décider le jour même et trouver quelque chose. À partir d'octobre, ça vaut la peine d'anticiper, parce qu'il y a moins d'événements et qu'ils sont plus espacés. Ce qui amène au point délicat.
Comment savoir ce qui se passe vraiment
Voilà la vraie difficulté d'une scène de cette taille. Un jeudi saute pour cause de pluie sur Instagram, un Teatime est annoncé sur le calendrier d'une école, une jam session vit sur la page d'un festival, et un week-end de stage part dans une newsletter à laquelle on n'est pas inscrit. La danse est là. L'information, elle, est éparpillée sur une demi-douzaine de canaux, et rater le bon post revient à rater la soirée.
C'est le trou que l'agenda SwingPlaylist essaie de combler. Il rassemble les événements swing autour de Lausanne sur une seule page, tenue à jour, pour voir d'un coup d'œil ce soir et les jours qui viennent, au lieu d'aller vérifier cinq comptes. L'habitude qui marche est simple : regarder l'agenda de Lausanne avant de faire des plans, pas après.
Et ça marche dans les deux sens. Si on organise une soirée, ou qu'on en repère une qui manque, on peut l'ajouter en deux minutes pour que la personne suivante la trouve aussi. Une scène locale ne grandit qu'au rythme auquel ses événements peuvent être trouvés, et un calendrier lisible par tous en est une part étonnamment grande.
Donc : le jeudi pour l'habitude hebdo, le dimanche après-midi pour le Teatime, les parcs et le bord du lac l'été, une rentrée en septembre ou en février pour apprendre, et une page à regarder avant de sortir. Lausanne n'a pas une énorme scène, mais elle est régulière, accessible, et les nouveaux visages y trouvent vite leur place.