La scène swing genevoise est petite mais chaleureuse, avec principalement du Lindy Hop et un peu de Balboa. Il n'y a pas de soirées tous les soirs, loin de là, mais il y a toujours de quoi danser quand on sait où regarder : le rendez-vous du mardi, quelques socials en plein air l'été et, de temps en temps, un concert de jazz. Sur une petite scène comme celle-ci, le plus dur n'est pas de danser, c'est de savoir quand et où ça se passe. Voici les lieux réguliers et les rendez-vous de saison. Pour savoir ce qui se passe ce soir ou ce week-end, le plus simple est de consulter l'agenda swing de Genève, régulièrement mis à jour.
Le rendez-vous du mardi : Mardi Swing
Le rendez-vous le plus fiable, c'est Mardi Swing, le social du mardi soir organisé par l'école Geneva Swing. Et il suit les saisons. L'été, on danse dehors au Parc de la Perle du Lac, au bord de l'eau. L'hiver, on rentre à l'abri aux Halles de l'Île, sur le petit îlot au milieu du Rhône. Même social, même monde, deux maisons : le lac quand il fait chaud, les Halles quand il fait froid.
Photo : swingplaylist.com
C'est la version estivale qui fait craquer tout le monde. La scène : le lac, la lumière qui vire à l'or, une enceinte qui joue du Basie, et un parquet posé sur la promenade qui se remplit doucement de danseurs pendant que les joggeurs ralentissent pour regarder. Le genre de soirée où des gens qui n'ont jamais dansé s'approchent pour demander comment faire.
Dehors, l'ambiance est encore plus détendue. Il y a un vrai parquet posé pour l'occasion, mais on danse au bord du lac au coucher du soleil, et personne n'en voudra à qui fait simple. On prend de l'eau, une petite laine pour quand le soleil tombe, et on se lance dès la première danse. Les socials en plein air sont les plus indulgents qui soient : la moitié des gens sont des passants curieux qui n'ont jamais essayé non plus.
Les soirées spontanées
À côté des rendez-vous fixes, il y a tout un swing plus spontané qui apparaît un peu partout : au bord du lac, dans un parc, sur un quai comme La Canopée près de Baby Plage. Pas de cours, pas de billet, juste des danseurs qui se retrouvent avec une enceinte quand l'envie et la météo sont là. Ça s'organise sur un groupe WhatsApp, donc ce n'est pas vraiment au hasard : le plus simple, c'est de demander à quelqu'un de la scène, un soir de Mardi Swing, de nous ajouter au groupe.
Après, c'est le plaisir tout simple de danser dehors, le lac dans le dos, sans entrée à payer et sans personne pour donner le tempo à part la musique. Ça dépend de la météo et de l'envie du moment, mais une fois dans la boucle, on sait quand et où ça tombe, et on y va.
La musique live en ville
Une soirée swing, ce n'est pas toujours un DJ et une playlist. De temps en temps, on tombe sur du jazz live sur lequel on peut vraiment danser, quand on sait où regarder. La Haute École de Musique (la HEM) donne des concerts en ville, et ses ensembles jazz d'étudiants jouent parfois le répertoire qu'un lindy hopper aime avoir sous les pieds : les standards de l'ère swing, du hot jazz, du dansant.
Quand il fait chaud, le live sort dehors et remonte le lac. Nyon, à un court trajet de train, a son jazz en plein air l'été, avec des groupes comme Rive Jazzy sur les places et le bord de l'eau. Plus près, des communes comme Confignon programment du swing pour la Fête de la Musique, et une place de village devient une piste le temps d'une soirée. Rien de tout ça n'est un social à proprement parler, mais un bon groupe de jazz trad et un bout de sol plat, c'est tout ce qu'il faut.
Au-delà de la ville : tout le lac
Genève ne danse pas seule. Tout le tour du Léman, c'est du swing, et le train rend tout ça petit. Nyon est à vingt minutes et partage une bonne partie du même monde, surtout en saison des festivals. Lausanne, un peu plus loin, a sa propre scène qui vaut le déplacement. Si on voit le lac comme une seule grande région plutôt que des villes séparées, les options se multiplient, surtout l'été où chaque quai semble avoir son groupe.
Pas besoin de tout retenir. Les lieux changent, un social d'été déménage, une nouvelle soirée apparaît. L'important, c'est d'avoir un seul endroit fiable où regarder avant de sortir.
Pour débuter
Si on part de zéro, le plus simple c'est un cours débutant. Geneva Swing en propose pour tous les niveaux, avec les socials qui vont avec, et le BeYou Dance Studio à Thônex, juste à l'est de la ville, donne aussi des cours de Lindy Hop pour débutants. Quelques semaines suffisent pour tenir sur un social. Pas besoin de partenaire ni de tenue spéciale, et venir seul sans connaître personne, c'est tout à fait normal. Et il y a souvent des initiations en début de social, notamment au Mardi Swing et à La Canopée, plus des cours privés pour qui veut aller plus vite.
Comment toujours savoir ce qui se passe
Le vrai souci d'une petite scène : l'info est éparpillée. Un social dans un groupe WhatsApp, un concert dans le calendrier d'une école, une soirée en plein air dans la story Instagram de quelqu'un. On rate le bon message, on rate la soirée. C'est exactement ce que l'agenda SwingPlaylist essaie de régler : il réunit les événements swing autour de Genève sur une seule page, régulièrement mise à jour, pour voir ce soir et les jours à venir d'un coup d'œil.
Le réflexe le plus simple, c'est de jeter un œil à l'agenda de Genève avant de faire des plans. On danse ce soir, on est libre ce week-end ? On regarde là d'abord. Et si on organise une soirée, ou qu'on en repère une qui manque, on l'ajoute en un instant pour que le prochain la trouve aussi. Une scène ne vaut que si on la trouve facilement, et celle-ci essaie d'être ce calendrier.
Qu'on débarque à Genève ou qu'on y danse depuis des années, c'est la même recette. Un cours pour commencer, le lac l'été, une oreille pour le jazz live, et l'agenda avant de sortir. La scène est plus petite qu'à Berlin ou Stockholm, mais elle est là, chaleureuse, et vraiment contente de voir une nouvelle tête. Y a plus qu'à prendre ses chaussures.